
Recherches, statistiques et textes sur le décrochage scolaire des garçons
Le plus grand spécialiste Québecois sur la question du décrochage scolaire des garçons; Yves Archambault
L’école des filles
Yves Archambault, l’ancien directeur de la CSDM, entame un doctorat sur l’échec
scolaire des garçons.
Yves Archambault a dirigé la plus grosse commission scolaire du Québec: 200 écoles,
12 000 employés et un budget de un demi-milliard de dollars.
Il est aujourd’hui étudiant à temps plein. «Le golf, je n’aime pas!»
Cas no 1. Un enfant s’érafle
un genou en jouant à la «tag». Réaction de la direction: ce jeu sera désormais
interdit dans la cour de l’école.
Cas no 2. Des garçons reviennent trempés de leur récréation, car ils ont joué
au «roi de la montagne» sur l’immense banc de neige accumulé dans la cour.
Résultat: on fait enlever la montagne de neige par la souffleuse.
Cas no 3. Pour retrancher 15 minutes à la journée de travail, une école
primaire décide d’abolir la récréation de l’après-midi. De toute façon,
le personnel trouvait laborieux d’habiller les enfants pour une pause aussi
courte.
Ancien directeur général
de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Yves Archambault estime que ces
trois situations «vécues» illustrent à merveille le fait que l’école, de
nos jours, n’est pas adaptée aux besoins des garçons. «Avec des exemples
comme ceux-là, on s’étonne encore que les garçons trouvent l’école
ennuyeuse. Il me semble que c’est évident: les gars ont besoin de bouger au
moins entre les cours. Leur identification au groupe passe par l’activité
physique, le sport. Plutôt que de respecter cette donnée, on fait marche arrière
sur le temps alloué à l’éducation physique, aux activités parascolaires,
etc.»
En plus de donner des cours à l’Université de Montréal, M. Archambault
entame un doctorat sur l’échec scolaire des garçons. Il est très sévère
à l’endroit de l’école québécoise en «faillite de mission», selon ses
termes. «Avec 30 % de décrochage, personne ne peut parler de réussite. Prenez
n’importe quelle entreprise qui perd 30 % de sa clientèle chaque année;
c’est la banqueroute assurée.»
Contre la mixité
M. Archambault ne veut pas avoir l’air de critiquer d’anciens collègues qui
demeurent sur un navire que lui a quitté. «Ce que je dis aujourd’hui, je le
disais à l’époque où j’étais directeur, affirme-t-il. Mais si l’on
veut que les choses changent, il faut bien cerner les problèmes. Cela ne se
fera pas tout seul.»
Changer, mais comment? En allouant plus de temps aux activités physiques.
Quitte à séparer les garçons des filles. Un chercheur de l’Université
Harvard que M. Archambault cite dans ses conférences, William Pollack, affirme
que les écoles mixtes sont les plus mauvais lieux d’apprentissage qui soient
pour les garçons. Ceux-ci apprennent en agissant et les filles en écoutant.
Pour bien marquer la différence des approches pédagogiques qu’il faut
appliquer entre garçons et filles, Yves Archambault serait favorable au retour
des écoles non mixtes. «Plusieurs études démontrent que la mixité nuit au
succès scolaire, surtout chez les garçons, explique-t-il. Je me souviens
d’une école anglaise de la CSDM, l’école James-Ling, qui a vu ses élèves
mieux réussir après avoir renoncé à la mixité. Les filles réussissaient
mieux en mathématiques et les garçons en enseignement de la langue maternelle.»
Le professeur Pollack recommande de créer, s’il le faut, des classes séparées
dans des écoles mixtes. Les élèves y sont moins anxieux, ont une meilleure
estime de soi et sont moins complexés.
Sages comme
des... filles
On exige des enfants qu’ils demeurent sagement assis pendant des heures sans
faire de bruit. Pour les «hyperactifs», il y a le Ritalin. On proscrit toute
forme de compétition. «Et pourquoi n’y aurait-il pas de vertus à la compétition?
Regardez l’effervescence qu’engendre l’arrivée d’une équipe de
football à l’Université de Montréal. J’étais au premier match: quel
enthousiasme collectif! Les garçons carburent à la compétition. Ils adorent.
Pourquoi ne pas encourager cette attitude?»
L’école québécoise est encore très massivement portée par des femmes. «Très
peu d’hommes enseignent au primaire et ceux qui le font adoptent très souvent
le “modèle” féminin. C’est regrettable.»
Se défendant d’avoir un discours antiféministe («ce n’est pas parce
qu’on s’intéresse aux garçons qu’on ne se réjouit pas de la réussite
des filles»), M. Archambault est conscient de l’aspect provocateur de ses
propos. Mais il lui semble urgent de réagir, car les hommes de demain
pourraient être totalement effacés par des conjointes pleines d’assurance,
mieux payées et installées dans des emplois plus intéressants. Déjà, les
universités sont envahies par les femmes, tandis que les hommes sortent par la
petite porte.
La retraite? Pour
quoi faire?
À titre de chargé de cours au Département d’études en éducation et
d’administration de l’éducation, M. Archambault enseigne à de futurs
directeurs d’école. Il affirme que ceux-ci peuvent exercer un effet très
positif sur la réussite scolaire s’ils prennent leur travail au sérieux. «Certains
sont très dynamiques et cela paraît. Un bon directeur peut avoir un effet
d’entraînement sur tout le personnel.»
M. Archambault sait de quoi il parle. Avant de s’inscrire à l’Université
de Montréal, il était directeur général de la plus grosse commission
scolaire du Québec, qui compte 200 écoles, 12 000 employés et un budget de un
demi-milliard de dollars. Après avoir lui-même enseigné au primaire et au
secondaire puis dirigé une école, il est devenu directeur de la Commission
scolaire de Saint-Jérôme. En 1992, il passait à la tête de la Commission des
écoles catholiques de Montréal. À la suite de la déconfessionnalisation du
système scolaire, celle-ci est devenue en 1998 la Commission scolaire de Montréal.
M. Archambault ( y.archambault@umontreal.ca ) aurait pu prendre une retraite
tranquille. Mais il rêvait depuis longtemps de faire un doctorat. Et il est
heureux. «Je passe des journées entières à la bibliothèque. Personne ne me
cherche. Génial.»
Son plan de carrière? Un cours à la fois.
Mathieu-Robert Sauvé
http://www.iforum.umontreal.ca/Forum/ArchivesForum/2002-2003/020930/article1461.htm
Proportion des
femmes dans différents domaines d'études universitaire en 2002
Art:
64%
Administration/gestion: 51%
Science de l'éducation: 80%
Droit: 61%
Lettres: 72%
Sciences sociales: 64%
Sciences appliquées: 27%
Sciences pures: 51%
Sciences de la santé: 75%
Source: Régie régionale
de la santé et des services sociaux de la Montérégie
Taux d'obtention des
diplômes
Taux
d'obtention de diplômes selon le sexe pour les années 1998-2000 au Québec,
Source des données: Portrait social du Québec Données et analyses Édition
2001, ISBN : 2-551-21424-6. Chap. 7, page 184 tableau 7.4 et page 190
tableau 7.8.:
| Hommes | Femmes | |
| Au secondaire | 76,8% | 90,4% |
| Au collégial | 29,7% | 49.4% |
| Au baccalauréat | 21,7% | 33.0% |
En bref le 1/4 des
garçons n'obtiendront pas leur diplôme secondaire, comparativement à 1/10
pour les filles
Depuis les 20 dernières années au Québec, de façon constante, à tous les âges
et avec un écart important, sans exception, les garçons sont exclus du système
pour une raison ou une autre, dans une proportion significativement plus
importante que les filles. Les conséquences du décrochage dans la vie
d'un jeune sont d'un dommage indescriptible à court, moyen et long termes ... délinquant,
rejeté socialement, il handicape sa réussite sociale à plusieurs niveaux, ses
rêves, ses aspirations ... et encore bien plus.
Source des données: Portrait social du Québec Données et analyses Édition
2001, ISBN : 2-551-21424-6. Chap. 7, page 186 Tableau 7.6
Les problèmes de réussite et de persévérance des garçons prennent de
l'importance au fur et à mesure qu'ils progressent dans le système éducationnel
québécois. Le ministère de l'Éducation a établi qu'en 2000, le taux
d'obtention du diplôme au collégial (DEC ou autre) chez les femmes était plus
d'une fois et demie plus élevé que chez les hommes (47,9 % contre 28,9%).
Cet écart entre les deux sexes est allé
grandissant depuis l'année 1975-76, passant de 2,7 points à près de 20
...et oh
coincidence, c'est depuis 1972 que le Québec a des classes mixtes !

Quelques expériences de classes non-mixtes
Expérience no 1
(...) "La dizaine d'expériences-pilotes de classes non mixtes, où les résultats scolaires des garçons rejoignent ou dépassent la moyenne des filles, prouve tout simplement que les garçons apprennent mieux lorsque certaines conditions sont réunies. Oh ! Surprise. Les garçons de classes non mixtes réussissent autant, peu importe que l'enseignant soit un homme ou une femme (du moins à ma connaissance). L'insuccès des garçons ou le succès des filles ne tient pas au sexe du titulaire, mais plutôt à la méthodologie de l'enseignement. Oui, les gars ont besoin de dépenser leur surplus d'énergie dans des sports " virils " pour être réceptif à l'apprentissage intellectuel. Qu'y a-t-il de mal à ça ? Arrêtez de " paranoïer " et de croire que l'on veut prendre vos jobs et avoir votre peau ! Pourquoi voudrions-nous vous enlever ce que vous faites avec tellement d'expertise ? Mais oui, je crois que nos garçons et nos filles auraient avantage, dès leur plus jeune âge, à avoir des professeurs (des parents) des deux sexes pour leur meilleur équilibre mental, émotif, intellectuel et relationnel." (...)
Expérience no 2
(...)
"À l'école secondaire de Saint-Paul, à Saint-Paul-de-Montminy, étudiants
de tous horizons sont bienvenus. Or depuis deux ans, garçons et filles qui sont
admis en première secondaire font classe à part. Cette mesure a été instaurée
pour tenter d'améliorer la performance des élèves masculins, sans nuire à
celle des filles. Et selon le directeur Jérôme L'Heureux, qui a supervisé
l'avènement de cette formule jusqu'à son départ pour une autre institution,
cet automne, les résultats ont été plus que probants.
« Avant que l'on "démixe", nos garçons réussissaient moins bien en
français, en arts, en enseignement religieux et en anglais. À la suite de
cette expérience-là, ils ont mieux performé en anglais que les filles. Dans
les autres matières, l'écart s'est amoindri, mais nos filles demeurent
meilleures. »
L'initiative de l'école publique de Saint-Paul est le fruit d'une réflexion
amorcée il y a quatre ans. La direction a d'abord tenté de cerner ce qui déplaisait
aux garçons et ce qui les motivait. Puis, suivant l'une des recommandations du
rapport Pour une meilleure réussite scolaire des garçons et des filles, publié
en 1999 par le Conseil supérieur de l'éducation (qui a cependant déconseillé
le retour aux écoles non mixtes), elle a adapté ses techniques d'enseignement
de façon à tenir compte des styles d'apprentissage des étudiants masculins.
Aujourd'hui, les garçons sont beaucoup plus motivés à réussir et sont moins
souvent au cœur d'incidents disciplinaires que par le passé. Pourtant, malgré
le succès de l'entreprise, M. L'Heureux refuse de parler de solution miracle,
surtout qu'elle ne peut être appliquée à toutes les secondaires, en raison
des cours optionnels et des frais impliqués.
« C'est une des solutions, ce n'est pas que la seule, précise-t-il. Il faut
vraiment prendre le temps de faire une réflexion avec l'équipe d'enseignants
et tenir compte du milieu dans lequel on est. Dans notre cas, ç'a donné de très
bons résultats, mais on ne peut pas imposer ce modèle-là, il faut que ce soit
la volonté de changement des gens qui amène ça. »
Les problèmes de réussite et de persévérance des garçons prennent de
l'importance au fur et à mesure qu'ils progressent dans le système éducationnel
québécois. Le ministère de l'Éducation a établi qu'en 2000, le taux
d'obtention du diplôme au collégial (DEC ou autre) chez les femmes était plus
d'une fois et demie plus élevé que chez les hommes (47,9 % contre 28,9%). Cet
écart entre les deux sexes est allé grandissant depuis l'année 1975-76,
passant de 2,7 points à près de 20.
Au cégep Lionel-Groulx, à Montréal, on s'est intéressé à la question. Une
étude maison a démontré que les gars représentaient 70 % des échecs en
philosophie et 80 % des étudiants en mise à niveau - ceux qui n'ont pas obtenu
la note de passage en français pour être admis au cégep. Coauteur de l'étude
et professeur de philosophie à cette institution, Guy Ferland a recommandé la
formation de groupes plus homogènes, où le professeur pourrait assurer un
meilleur suivi de ses élèves, la prise en compte des différents styles
cognitifs et la sensibilisation des enseignants à l'incidence que peut avoir
leur sexe sur leur travail." (...)
Expérience no 3
(...)
"Janel Gauthier, directeur du programme de doctorat en psychologie,
orientation clinique, de l’Université Laval, propose dans les pages du
quotidien Le Soleil du 2 septembre 2003 le retour aux classes non-mixtes
jusqu’à la fin du secondaire, avec l’ajout d’activités communes à
partir du deuxième cycle du secondaire.
Selon lui, la rectitude politique exige aujourd’hui qu’on prône l’égalité
pour tous, l’intégration et les mêmes droits pour les garçons que pour les
filles. Ceci laisse supposer qu’une telle idée sera loin de faire
l’unanimité au sein du gouvernement.
Si Janel Gauthier propose de séparer les filles et les garçons, c’est sur un
principe qui s’étend au-delà du sexe de l’enfant. Il juge qu’il serait
bien de faire de même avec les enfants qui ont des retards d’apprentissage
importants et ceux ayant des handicaps intellectuels.
Ceux qui ne sont pas d’accord posent la question suivante : où s’arrêtera
cette séparation? Faudra-t-il séparer les jeunes selon leur religion, selon
leur race? Bien sûr que non, on parle ici d’éducation, de besoins en
apprentissage, et non pas d’idéologies ou de nationalités.
Des expériences concluantes:
L’école primaire Aux Quatre-Vents, de Rivière-au-Renard, en Gaspésie, expérimente
la séparation des sexes en 3e année depuis septembre 2002. Enseignants,
parents et garçons n’ont que des éloges à faire à propos de ce projet qui
se poursuit cette année pour une classe de 5e et 6e années.
L’école secondaire Jean-Jacques-Rousseau, à Boisbriand, le vit depuis deux
ans à cause, à l’époque, d’une surpopulation de garçons en première
secondaire. On s’est aperçu après deux ans que les garçons avaient moins
peur d’exprimer leurs émotions ou de se faire ridiculiser.
Pas encore de résultats, mais beaucoup d’enthousiasme:
On n’a pas encore de certitudes en ce qui a trait aux résultats scolaires des
garçons dans cette approche différente. Les enseignants semblent surtout avoir
constaté des changements de comportement plus que l’amélioration des résultats
scolaires. Dans certaines classes cependant, les résultats se chiffrent. Ainsi,
à l’école secondaire Vaudreuil, la moyenne des garçons dans le cours de
maths aurait augmenté de 10%. De plus, un nouvel objet de convoitise masculin
aurait fait son apparition : la calculatrice à affichage graphique! « Elle
passionne les garçons, et traumatise les filles », résumait dans les pages de
La Presse du 3 mai dernier l’enseignante Claire Lefebvre.
Partout où l’expérience est tentée, le programme scolaire n’a pas été
changé, mais adapté, notamment au niveau du choix des textes à étudier en
français et des problèmes à résoudre en maths." (...)
Expérience no 4
(...)Ce
n'est cependant pas une pratique courante dans nos écoles. Seulement
quelques-unes d'entre elles séparent les garçons des filles.
À l'école publique secondaire anglophone James Lyng, dans le quartier
Saint-Henri de Montréal, les garçons sont séparés des filles en classe. La
direction de l'école a pris cette mesure il y a 5 ans, pour tenter de faire
baisser le taux de décrochage chez les jeunes.
Est-ce une coïncidence ? Il y a 5 ans, le taux de décrochage était de 35 %.
Il est aujourd'hui d'un peu plus de 20 %.
La direction de l'école est prudente. Les classes non-mixtes ont sûrement
contribué à diminuer le taux de décrochage mais il y a aussi d'autres
facteurs comme le tutorat et les classes plus petites
Lien
et...
autre lien
pour la même école, dans la revue l'Actualité:
Extrait
(...) «Mister C.», comme le surnomment les adolescents, n’a jamais craint
d’innover. En 1998, il a entrepris d’éliminer graduellement les classes
mixtes. Aujourd’hui, sauf dans les groupes enrichis — où les élèves ne
sont pas assez nombreux —, filles et garçons ne suivent plus les mêmes
cours.«Ils apprennent différemment, dit Wayne Commeford. Alors on a adapté
l’enseignement selon le sexe.» Par exemple, les filles travaillent plus en équipes
et apprennent en discutant, alors que les garçons reçoivent la matière brute
d’un seul trait puis passent à des choses plus actives, plus manuelles. En
fin de compte, les deux groupes auront vu la même matière, chacun à sa façon.
(...)
Voici comment les jeunes garçons vivent des discriminations à l'école
82,5% des élèves rejetés à la maternelle et au début du primaire par les enseignantes sont des garçons. Le rapport de recherche réparti sur 20 écoles, compile qualitativement les attitudes et les réponses des enseignantes et en vient à deux conclusions indéniables:
Les attitudes des enseignantes sont significativement plus favorables à l'égard des élèves filles qu'à l'égard des élèves garçons;
Plus de filles que de garçons sont considérées attachantes par les enseignantes alors que davantage de garçons que de filles sont considérés rejetés.
(Résumé
d'une partie de la recherche): Revue des sciences de l'éducation, Vol. XXVI,
n.1, p.35 à 54, Attitude des enseignantes de maternelle selon le sexe des élèves.
Par Louise Paradis, Ph. D. et Pierre Potvin, Ph. D de l'Université du Québec
à Trois-Rivières. Année 2000. Page 48 tableau 3.
Recherche intégrale: Disponible au C.R.I.R.E.S. à l'Université Laval, Québec,
sous le titre Facteurs de réussite dès le début de l'éducation préscolaire
et du primaire (Vol. 5, no 3, 2000).
Conclusion et recommandations
'' L'attitude de l'enseignante envers le garçon. Dans l'ensemble et de façon constante, il existe une différence significative entre l'attitude des enseignantes envers les garçons et les filles. Cette attitude est toujours plus positive à l'égard des filles et l'écart est important. De plus, nous retrouvons de façon constante une proportion plus grande de filles considérées comme de type attachant comparativement aux garçons et, inversement, la proportion des garçons considérés comme de type rejeté est significativement et constamment plus grande que celle des filles.
Compte tenu de ces diverses constatations, nous recommandons:
d'offrir aux enseignants la possibilité de se questionner sur leur relation et leur attitude envers les garçons à l'école,
de remettre en question la conception du rôle de l'élève et de l'école qui, dans l'ensemble, semble mieux convenir aux filles qu'aux garçons.'' Page 104
Autres rapports de recherche:
Salomon et Féat (1991) L'enseignant face aux rôles sexuels des filles et des garçons.: 84% des enseignants voient des différences d'attitude entre les sexes et ils utilisent des qualificatifs différents pour caractériser chaque groupe. Les épithètes qui concernent les garçons sont nettement plus défavorables que celles choisies pour les filles.
Ferguson, Lloyd et Horwood (1991) Teacher evaluations of the performance of boys and girls.: Les résultats montrent que les enseignants tendent systématiquement à évaluer plus favorablement la performance des filles que celle des garçons.
Potvin et Rousseau (1993) Attitudes des enseignants envers les élèves en difficultés scolaires, Québec: Ont étudié les attitudes d'enseignants du primaire et du secondaire envers les élèves en difficulté. Les résultats révèlent que les enseignants présentent de façon significative des attitudes plus positives envers les filles qu'envers les garçons.
Botkin et Twardosz (1988) Early Chilhood Research Quartely: Ont observé, durant 37 semaines échelonnées sur deux ans, 47 enseignantes dans six maternelles. Ils ont enregistré les comportements d'ordre affectif de ces enseignantes et vers qui elles les dirigeaient. Les comportements observés incluent le sourire, des mots d'affections, des contacts physiques d'affections et des contacts physiques passifs d'affections. Les résultats révèlent que les enseignantes expriment plus d'affections aux filles qu'aux garçons.
Brais (1991) Retard scolaire au primaire et risque d'abandon scolaire au secondaire. Ministère de l'Éducation du Québec. Met en évidence que le phénomène de l'abandon scolaire semble prendre racine dans l'expérience de l'élève dès le primaire.
Certains de ces problèmes affectent aussi les filles, mais comme nous venons de le voir, c'est de façon beaucoup moins sévère.
Articles de jounaux
| Une école pour
les garçons Christiane St-Pierre Le Nouvelliste, Trois-Rivières Les garçons sont de plus en plus téflon au système scolaire. À un point tel que le sujet préoccupe de nombreux ministres de l'Éducation dans le monde. Les garçons décrochent davantage que les filles à l'école. En 1997, 41,3 pour cent des garçons avaient quitté l'école secondaire sans avoir obtenu leur diplôme d'études secondaires contre 26 pour cent des filles. Au Québec, ils seront environ 20 000 à manquer à l'appel dans les cégeps de la province. Les filles étant majoritaires dans les programmes préuniversitaires au collégial. Leur nombre modifie considérablement le portrait lorsqu'elles s'insèrent dans le marché du travail. Peu de recherches ont été effectuées sur la difficulté qu'ont les garçons à l'école. Les observations sur les comportements entre les garçons et les filles tournent en rond. Les filles seraient plus studieuses et s'adapteraient mieux au système actuel. Les garçons préfèreraient bouger, seraient plus turbulents et agressifs. Au-delà de ces appréciations psychologiques, quelques tentatives pour raccrocher les garçons commencent à prendre forme. On parle de plus en plus d'offrir des classes non mixtes et de présenter des enseignants masculins en plus grand nombre au primaire. D'une part, le gouvernement américain vient d'entreprendre une modification intéressante à ses programmes d'enseignement en permettant aux communautés d'ouvrir des écoles non mixtes. Le gouvernement de George Bush entend donner plus de flexibilité aux écoles pour rétablir des programmes non mixtes dans les écoles publiques. L'enseignement basé sur la distinction entre garçons et filles demeurent une option et non une obligation pour le moment. Mais un enseignant d'une école primaire de Seattle en a fait l'expérience l'année dernière. En divisant ses élèves selon les genres, il a observé une importante diminution de sanctions infligées aux garçons et une meilleure réussite académique. D'autre part, les Anglais ont choisi d'augmenter le nombre de professeurs masculins pour contrer l'abandon scolaire des garçons. Cette année, ils ont mis sur pied une campagne publicitaire visant à inciter davantage de jeunes hommes à exercer la profession d'enseignant. Le gouvernement britannique croit que la présence d'enseignants masculins au niveau primaire contribue à favoriser un meilleur apprentissage chez les garçons. Depuis quelques années, le nombre de professeurs masculins anglais a diminué de 14 pour cent. Comme ici d'ailleurs, enseigner au primaire et au secondaire est majoritairement une affaire de femmes. Le gouvernement britannique veut hausser leur recrutement à 20 pour cent. Les spécialistes de l'éducation en Angleterre ne sont pas les seuls à s'inquiéter du désengagement des jeunes garçons à l'école. Le ministre de l'Éducation du Québec accepte de regarder l'option des classes non mixtes. Mais aucune action en ce sens ne se dessine à l'horizon. On comprend la timidité de Sylvain Simard à l'issue de sondages où une grande partie de la population n'approuverait pas l'enseignement divisé entre les filles et les garçons. Mais devant les défis que posent les grands changements de l'éducation dans le monde il y a lieu de s'interroger. La hausse croissante des besoins en main-d'oeuvre qualifiée, l'importance des technologies de l'information, la mondialisation et l'ouverture aux autres cultures ont déjà commencé à changer nos rapports économiques et culturels. Le Conseil supérieur de l'Éducation du Québec a aussi réfléchi à la question. Ses solutions, beaucoup moins spectaculaires, sont plus nuancées et moins évidentes. "Diversifier les styles cognitifs, accentuer l'école orientante, démontrer l'utilité concrète de l'école, désexualiser le contenu de lecture plus associé aux qualités féminines": des solutions intéressantes mais beaucoup plus abstraites que les modèles entrepris par les Américains et les Anglais. Pas de solutions axées sur la rigueur, la discipline, le travail et la responsabilité. C'est le néant. Ces mots auraient-ils disparu du paysage scolaire? Il n'y a pas de réponse unique aux problèmes vécus par les garçons à l'école. Il faudrait intensifier la recherche dans ce domaine. La jeune génération a de nouveaux défis devant elle. Le chômage, la violence et la performance d'élèves en classe mondiale ne font qu'augmenter la pression pour trouver plusieurs réponses à une question unique: pourquoi l'école n'intéresse pas davantage les garçons? |
| Le samedi 31 août
2002 L'université au féminin André Noël |