Extrait:

MA MÈRE, MON AGRESSEURE

Michele Elliott, une spécialiste des agressions sur les enfants, est peut-être celle à qui on a confié les secrets les plus douloureux. À Londres, elle dirige un organisme voué à la défense des enfants, Kidscape. Auteure d'une vingtaine d'ouvrages sur les hommes agresseurs d'enfants, elle a suscité tout un émoi lorsqu'elle a publié, il y a 10 ans, un livre sur les agressions sexuelles commises par des femmes - surtout des mères. Son livre est à peine lancé qu'elle est inondée d'appels au secours de femmes et d'hommes victimes d'inceste maternel.

 

 

 

 

Le reportage au complet:

 

 

 


 
 
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REPORTAGE
— 2004-03-09

MA MÈRE, MON AGRESSEUR

«Quand la personne qui vous a donné la vie vous agresse sexuellement, comment le savoir? C'est le seul exemple de mère que vous connaissez, et vous pensez que toutes les mères font la même chose.»
- Michele Elliott, psychologue, Kidscape, Londres


 

 

première partie - deuxième partie - troisième partie - quatrième partie
 

Quand on parle d'inceste, on pense tout de suite aux hommes. Aujourd'hui, les cas d'inceste demeurent encore des secrets biens gardés. Ils sont très peu rapportés. Mais que se passe-t-il lorsque c'est une mère qui agresse son enfant? La mère est perçue comme le refuge d'amour et de tendresse. Souvent, on ne veut même pas en entendre parler. En plus du récit cauchemardesque de leur enfance, des victimes d'inceste maternel nous racontent à quel point il leur a été difficile de trouver une oreille attentive, compréhensive.

Il y a 20 ans, la violence familiale était un sujet très peu abordé dans les médias. Au Canada, il aura fallu une commission d'enquête nationale pour que la société constate l'ampleur du phénomène. Le père, surtout, était considéré comme le responsable de la violence qui sévissait dans les familles. En paroles, l'inceste impliquait nécessairement le père avec une de ses filles.

«Quand tu es agressé par une femme, par ta mère, c'est très différent. On attend tout d'une mère, c'est naturel. Quand tu es bébé, la première personne vers qui tu te tournes, c'est ta mère. Elle est censée te nourrir, te protéger. Quand tout ça est tordu, c'est toi qui deviens tordu.»
- Eleonor

 

Depuis l'origine des temps, la mère apparaît comme le premier et le dernier refuge des enfants pour obtenir compassion et chaleur. Et c'est avec beaucoup de circonspection que nous levons un coin du voile sur les agressions sexuelles commises par des femmes, le plus souvent la mère. Un tabou que nous transgressons pour jeter un peu de lumière sur un comportement aussi difficile à comprendre qu'à nommer. Mère incestueuse, femme pédophile? Les mots écorchent et personne ne veut les entendre.

 

«Quand ça se passe dans la famille, les agressions peuvent commencer aussi tôt qu'à 2 ou 3 mois, quand le bébé est tout petit. Les gens agressent, par exemple, avec leur doigt, à l'intérieur du bébé, et ce n'est pas pour mettre de la crème. Il y a même des mères qui ont sucé le pénis de leur petit garçon.»
- Michele Elliott, psychologue, Kidscape, Londres

Michele Elliott, une spécialiste des agressions sur les enfants, est peut-être celle à qui on a confié les secrets les plus douloureux. À Londres, elle dirige un organisme voué à la défense des enfants, Kidscape. Auteure d'une vingtaine d'ouvrages sur les hommes agresseurs d'enfants, elle a suscité tout un émoi lorsqu'elle a publié, il y a 10 ans, un livre sur les agressions sexuelles commises par des femmes - surtout des mères. Son livre est à peine lancé qu'elle est inondée d'appels au secours de femmes et d'hommes victimes d'inceste maternel.

«Avant de rencontrer Michele, je ne savais pas que d'autres avaient subi la même chose que moi. Il n'y avait pas de livre là-dessus, rien.»
- Lucy Jenner

Jeune, Lucy était contrainte de coucher avec sa mère. Le seul lit de la chambre était collé au mur: impossible de s'échapper. «Elle se collait à moi, derrière moi, et voulait que je lui dise que je l'aimais. Puis, elle prenait différents objets qu'elle insérait dans mon vagin ou mon anus. Parfois, elle utilisait ses doigts. J'étais forcée de la stimuler oralement.»

Lucy Jenner, devenue elle-même thérapeute, a encore de la difficulté à parler de sa mère comme d'une agresseur, un mot qui n'existe pas au féminin. Les enfants élevés par des mères incestueuses finissent par croire que c'est normal, car ils ne connaissent rien d'autre. De plus, ils n'ont souvent personne à qui en parler et ne connaissent même pas les mots pour décrire ce qu'ils subissent.

Monique Tardif est la psychologue, au Québec, la plus familière avec le dossier des agressions sexuelles commises par les femmes. Elle peut aujourd'hui tracer un profil de ces mères incestueuses: des femmes en majorité agressées elles-mêmes par leur père et qui voient souvent leur fille comme une rivale.
 

«En fait, les femmes ont de la difficulté à reconnaître la dimension du plaisir qu'elles auront avec un enfant. Certaines d'entre elles prendront la main de l'enfant pour se caresser les organes génitaux ou s'introduire les doigts de l'enfant dans le vagin. Mais c'est l'exception, la majorité vont davantage ressentir un plaisir par le contrôle ou le pouvoir qu'elles auront sur l'enfant.»
- Monique Tardif, psychologue, Centre de psychiatrie légale, Institut philippe-Pinel

 

Officiellement, les dossiers criminels démontrent qu'environ 5 % des agressions sexuelles sont commises par des femmes. Mais ce n'est pas parce que cette violence n'est pas signalée qu'elle n'existe pas. Selon les psychologues qui traitent les victimes, le pourcentage serait plutôt de l'ordre de 22 %.

Le traumatisme d'avoir été trahi profondément par la personne qui nous a donné la vie laisse des cicatrices souvent permanentes ou, pire, des plaies ouvertes. C'est à la suite d'une longue thérapie que la plupart des victimes d'agressions sexuelles ont peu à peu retrouvé les souvenirs de leur passé. C'est la plupart du temps un cumul d'échecs personnels qui les amène devant un thérapeute.

«Je crois que, pour les victimes d'agression, la seule façon de s'en sortir, c'est de tout mettre dans une petite boîte pour ne plus avoir à y penser. Puis, un jour, quelque chose arrive dans leur vie, et c'est comme une bombe à retardement, ça éclate.»
- Michele Elliott, psychologue, Kidscape, Londres
 


 

Les victimes d'incestes multiples vont plus facilement parler des agressions commises par leur père. Le constat de la mère incestueuse est trop difficile à faire. Sarah a été agressée par son grand-père, son père et sa mère. Lorsqu'on lui demande ce qui a été le plus douloureux pour elle, elle répond, définitivement, sa mère: «Je me suis sentie dépouillée de tout. Même sans les autres agressions, je crois que je serais demeurée très déséquilibrée, avec le sentiment de ne pas faire partie de la race humaine, à cause de ma mère.»

Cette violence, presque inimaginable, se vivait la plupart du temps au quotidien et, pour les enfants, faisait partie de la normalité des choses.

 

«Je ne réalisais pas jusqu'à quel point je ne connaissais rien de la vie normale. Notre famille semblait fonctionner sur des bases différentes, différentes des autres. Comment dire, je pense que, très jeune, j'ai perdu tout espoir que quelqu'un, une personne, fasse cesser tout ça.»
- Sarah

Mais ce qui étonne le plus, c'est la quête de cet amour maternel, dont elles ont été privées et qu'elles semblent rechercher à tout prix. Bien qu'elle soit en thérapie depuis plus de 15 ans, Lucy Jenner visite régulièrement sa mère et s'assure qu'elle ne manque de rien: «Jusqu'à sa mort, je sais que j'aurai l'instinct de la protéger, mais, en même temps, je n'oublie pas. Elle n'a jamais rencontré mes enfants, elle ne connaîtra jamais ça, être grand-mère. Ça ne fera pas partie de sa vie. C'est ma façon à moi de composer avec la situation.» Quant à Sarah, elle aussi voit encore ses parents. Chaque année, elle se rend aux États-Unis pour leur rendre visite.

«Je voulais désespérément l'aimer. Vous savez, quand vous êtes un enfant, vous aimez votre mère. C'est normal, non? Les enfants aiment leur mère.»
- Sarah

«Ce qu'elles souhaitent le plus, c'est que leur mère se sente tellement mal et les aime assez pour leur dire: "Je suis désolée, je n'aurais pas dû faire cela, c'était mal, tu n'es pas à blâmer". […] Ce qui n'arrive jamais.»
- Michele Elliott, psychologue, Kidscape, Londres

 

Paul aura bientôt 50 ans. Abandonné par sa mère naturelle quand il avait 3 ans, il est adopté par un couple de Birmingham, en Angleterre. Le souvenir de cette mère adoptive est pour Paul un cauchemar.

 

 

«Elle m'a dit: "Tu penses que personne ne t'aime, et bien personne ne m'aime moi non plus. On va s'aimer tous les deux". Puis, s'est installé un cycle d'intimité perverse dans lequel elle m'utilisait pour satisfaire ses besoins.»
- Paul

Il n'y a donc pas que les filles qui soient victimes d'inceste maternel. Environ 35 % des victimes seraient des petits garçons. Les préjugés sociaux liés aux mythes de l'initiation sexuelle sont encore très forts.

«Quand un garçon est agressé par une femme, les hommes vont dire: "Chanceux, tu as été initié au sexe. J'aurais aimé que ça m'arrive". Mais vous parlez à ces garçons quand ils sont plus vieux, et vous réalisez à quel point ça les a affectés.»
- Michele Elliott, psychologue, Kidscape, Londres


 

Michel est le benjamin d'une famille de cinq enfants, père militaire, mère soumise, une famille où l'on s'exprimait peu. La mère, comme le reste des enfants, ferme les yeux quand le père s'enferme avec Jocelyne, la sœur aînée de 14 ans. Dans cette famille où le silence est loi, Jocelyne, adolescente agressée par son père, tourne sa détresse vers son petit frère. Elle devient lentement l'agresseur de Michel.

À 40 ans, Michel a toujours refoulé son passé, et il s'est aperçu que lui aussi était un maillon dans une chaîne d'agressions: son père avait agressé sa sœur, qui l'avait agressé, lui. Et maintenant, c'était son tour: «Plus tard, Jocelyne a eu une fille, Diane, sur qui j'ai fait des attouchements. Quand j'ai fait ça, Diane était adolescente, elle avait 15-16 ans. Dans ce temps-là, c'était incroyable, je ne trouvais pas que c'était grave.»
 

Les enfants agressés ne deviennent pas tous des agresseurs, loin de là. Mais on sait que 80 % des mères qui agressent leurs enfants ont été agressées elle-même. La peur de devenir agresseur à son tour est souvent une crainte réelle chez les victimes. Et c'est peut-être la pire des séquelles: penser que soi-même on pourrait agresser son enfant.

 

 

«Elles sentent qu'elles ne peuvent pas toucher leur propre enfant, ou tout autre enfant. Si elles le touchent, elles se transformeront en leur mère et agresseront, elles aussi. Alors, l'agression leur a non seulement volé leur enfance, leur identité, mais aussi leur capacité d'interagir.»
- Michele Elliott, psychologue, Kidscape, Londres
 


Journaliste: Hélène Courchesne
Réalisatrice: Nicole Messier

 

Source: http://www.radio-canada.ca/actualite/enjeux/reportages/2004/040309/mere-agresseur.shtml

 

 

 

 

 

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Abus sexuel:
OUI, les femmes aussi...

Avril 2003


Les hommes n'ont pas le monopole de l'agression sexuelle! Certes, les femmes abuseures sont moins nombreuses. Mais pour être plus insidieux, leurs actes n'en font pas moins de ravages. Or, ils sont souvent jugés avec plus d'indulgence, et le témoignage de leurs victimes, avec moins de sérieux et d'urgence. Résultat: des blessures à vif, le silence destructeur, la solitude. Et la répétition! FEMME lève le voile sur l'un des derniers tabous de notre société: l'abus sexuel au féminin.

Chantal Bertrand
 

Carole est une amie de la famille Charron. Son enfance a été marquée par la brutalité de son père et son adolescence brisée par le viol que lui a froidement imposé un ancien amoureux. Cette célibataire dans la trentaine - qui ne reste jamais très longtemps avec un homme - est un peu immature, mais bien appréciée de ses amis. Serviable, elle s'offre souvent pour garder les enfants. Le couple Charron est loin de se douter que Carole aime Pascal, leur fils de 14 ans, comme un homme. Et que leur liaison dure déjà depuis quelques mois.
 

 

ABUS SEXUEL: OUI, LES FEMMES AUSSI...


L'initiatrice
Dans cette relation, Carole est une «initiatrice». On désigne ainsi les femmes adultes qui vivent des relations amoureuses ou sexuelles avec des adolescents. Carole est folle de Pascal et a tout mis en oeuvre pour le séduire. C'est elle qui a fait les premiers pas. Pour lui, elle a maigri, s'est acheté de nouveaux vêtements, s'est remise à aller chez le coiffeur et l'esthéticienne. Il est très flatté de ces attentions et de la jalousie de ses amis. Au début, les deux partenaires clandestins vivaient une véritable lune de miel. Mais depuis quelque temps, la confusion s'installe dans le coeur de Pascal. Il éprouve quelque chose qui ressemble fort à un sentiment d'exploitation. Quelque chose d'obscur, qui le mine. Il souhaite rompre mais s'il aborde le sujet, Carole lui fait du chantage émotif, menaçant même de se suicider.

Pascal s'interroge beaucoup sur ce sentiment qui l'étouffe de plus en plus. Il n'y a pas de violence dans leur relation et il éprouve un plaisir physique bien réel. Pourquoi alors se sent-il victime? Carole est belle. Il bande, c'est donc qu'il est d'accord. Il ne comprend pas. Est-ce que ce ne sont pas plutôt les filles qui se font violer?
 

Carole est loin de se douter du tort qu'elle cause à Pascal. Elle ne voit que la satisfaction physique qu'il éprouve mais ne prend pas en considération les étapes normales qu'un adolescent doit franchir dans son cheminement sexuel. Sortir avec une femme qui possède une voiture et qui peut louer une chambre d'hôtel, se comporter en habitué au restaurant, ce n'est pas de son âge. Persuadée que ses faveurs sexuelles sont une bonne chose, Carole ne se rend pas compte qu'elle risque de perturber grandement les futures relations amoureuses de Pascal. Or, il conservera peut-être de leur liaison un sentiment d'infériorité et une faible estime de soi qui l'empêcheront de s'investir, le temps venu, dans des relations amoureuses d'égal à égale.

Marie-Josée Dubuc, intervenante au Centre jeunesse de Montréal, est catégorique: «La relation entre une adulte et un adolescent est aussi destructrice que celle entre un homme et une jeune fille. Les deux partenaires ne sont pas sur un pied d'égalité. La femme qui profite du corps de l'ado sait exactement comment toucher ses zones érogènes. Le jeune se laisse emporter par le plaisir physique, mais cela ne signifie pas qu'il soit pleinement consentant. Le geste demeure une agression.»

 

 

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Milieu familial
Pour aider son fils de cinq ans à s'endormir, Isabelle le masturbe devant la télévision. Elle-même n'en retire aucune satisfaction. Elle le fait «pour lui», croit-elle sincèrement. Même chose pour Judith, qui fait l'amour oral à son chérubin de six mois en lui changeant sa couche. Comme de 75 % à 100 % des femmes abuseures, Isabelle et Judith ont elles-mêmes été victimes d'agressions sexuelles dans leur enfance. Leur «nid familial» était un enfer parsemé de coups, de cris de haine et d'actes de négligence. Elles souffrent aujourd'hui de problèmes de personnalité et reproduisent partiellement avec leur enfant, qu'elles aiment pourtant, le seul modèle familial qu'elles aient connu.

Dans une société où les valeurs éclatent, où les gens se cherchent de nouveaux points de repère, il est sécurisant de penser que la mère est naturellement bonne pour l'enfant. Elle constitue un symbole. Et les attentes qu'on place en elle sont grandes. Encore aujourd'hui, l'inceste perpétré par la mère demeure un phénomène presque inconnu, car les professionnels ont longtemps référé les femmes abuseures aux spécialistes en santé mentale plutôt qu'au système juridique.
 

La plupart des cas d'abus commis par des femmes n'éclatent jamais au grand jour parce qu'ils touchent de jeunes enfants et qu'ils sont plus fréquents dans les familles monoparentales. Or, les enfants dénoncent difficilement une agression venant d'un proche dont ils dépendent. Et comme la majorité des mères accompagnent leur bambin chez le médecin, ces derniers ont du mal à dépister les mauvais traitements dont sont victimes leurs jeunes patients.

Les attouchements se produisent souvent à l'heure du bain, au moment du changement de couche ou de l'habillage. Les mères ont toujours eu plus de latitude quand il s'agit de toucher leurs enfants, car elles ont longtemps été les seules à leur prodiguer les soins corporels. La frontière du «normal» est donc difficile à définir.

L'opinion publique a du mal à croire qu'une femme puisse avoir des comportements sexualisés agressants, qu'elle puisse être violente. On a tendance à penser qu'elle tourne son agressivité contre elle-même ou qu'elle l'extériorise verbalement...

Mais certaines femmes ont de la difficulté à assumer leur rôle de parent. Elles perçoivent leur enfant comme un obstacle dans leur vie ou éprouvent à son égard des sentiments de rivalité. Or, la sexualité peut être une manifestation de colère et d'agressivité. Une étude (Coulborn-Faller, 1995) a ainsi montré que, sur 72 femmes pédophiles, 61 avaient aussi infligé des sévices à leurs enfants.
 

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De mèche avec un homme
L'adolescence de Caroline est un cauchemar empestant l'haleine alcoolisée de son beau-père. Elle n'oubliera jamais le dégoût qui s'emparait d'elle lorsque ses mains la touchaient et la révolte de son corps qui subissait néanmoins ses assauts. Le souvenir de sa mère lui montrant comment faire une belle fellation, en direct sur son homme, la bouleverse encore. Les deux morbides complices ont brisé la vie de Caroline, mais comme c'est souvent le cas dans ce type d'histoire, seul l'homme a été condamné.

Tout le monde se rappelle l'infernale histoire de Karla Homolka et de son conjoint. Ce récit d'horreur, où le couple fou viole et assassine des adolescentes (dont la jeune soeur d'Homolka), a même fait l'objet d'un film insoutenable. Heureusement, ce cas est exceptionnel. Il est rare que les délinquantes sexuelles commettent des abus menant au meurtre. Les études montrent que les femmes qui agissent de pair avec un homme y sont toujours incitées par leur conjoint. La victime est habituellement la fille de l'abuseure. Ce type d'agression n'implique généralement pas de jeunes enfants, mais plutôt des ados.
 

De victime à bourreau
Pourquoi est-il si fréquent de voir d'anciennes victimes d'abus sexuels devenir agresseures? Élise Bourque, psychothérapeute, précise que la personne violentée s'identifie soit à l'agresseur, soit à la victime, et reproduit inconsciemment plus tard un de ces rôles. Les hommes se glissent plus facilement dans la peau de l'abuseur, car la société les habitue à endosser des rôles de pouvoir. Les femmes, elles, ont plutôt tendance à se cantonner dans un rôle de soumission, par exemple en attirant des hommes fortement dominants ou en devenant escortes. De toute façon, la sexualité d'une ancienne victime est complètement déréglée. Dans tous ses contacts humains, elle voit un rapport de dominant-dominé, lié dans son esprit à la sexualité. Elle ne pourra apprécier un moment intime - comme donner le bain à son enfant - sans chercher à lui prodiguer de l'amour de la seule manière qu'elle connaisse, c'est-à-dire par des attouchements.

Seule une réelle prise de conscience, souvent liée à une thérapie, peut aider ces femmes à sortir de ce cercle vicieux. Il n'est pas rare qu'elles aillent consulter parce qu'elles ont peur d'elles-mêmes. Mme Bourque cite le cas d'une de ses patientes agressée sexuellement entre l'âge de quatre et six ans. À 12 ans, elle abusait à son tour de son jeune frère. Devenue mère, elle craignait d'infliger à ses deux filles les mêmes sévices que ceux qu'elle avait subis pendant son enfance.

 

 

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En milieu carcéral
«Une fois qu'elles ont été dénoncées, ces femmes avouent assez rapidement leurs actes, explique Monique Tardif, psychologue à l'Institut Philippe Pinel de Montréal. Ce qui est difficile pour elles, c'est de s'en sentir responsables. Elles se retranchent derrière un discours où elles se posent en victimes. Elles ont du mal à admettre qu'elles peuvent entretenir des fantasmes face à la situation, qu'elles ont des pulsions.»

La honte et la peur incitent les femmes incarcérées pour ce type de crime à mentir aux autres détenues sur les causes de leur condamnation. De fausses confessions de prostitution, de vente de drogue ou de vol à l'étalage servent de couverture à la triste réalité. La problématique étant encore mal connue, les thérapeutes ont peu de points de repère pour venir en aide à ces détenues. Et leur faible nombre ne permet pas d'avoir recours aux thérapies de groupe utilisées avec les hommes. L'aide qu'on leur apporte relève donc plus du «cas par cas.»
 

Le lien entre une mère et ses enfants est indissoluble: on ne peut donc dire à ces derniers qu'ils ne reverront plus leur maman. La plupart du temps, ils sont d'abord «placés» par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) qui, ensuite, leur permet des visites supervisées. Éventuellement, quand un ensemble de facteurs indique qu'ils sont en sécurité, ils peuvent progressivement retourner auprès de leur mère. Il n'y a pas d'études sur les cas de récidive chez ces femmes, mais l'expérience des thérapeutes les porte à croire au succès de leur intervention.

Combien?
Il est difficile d'avoir une idée du nombre de femmes abuseures. De trois à quatre pour cent des délinquants sexuels traités en clinique sont des femmes. Mais des études menées auprès des victimes font plutôt état d'une proportion pouvant aller jusqu'à 15 %. Comme le rapportait le Globe and Mail en 1991, on estime que 500 000 personnes au Canada ont été victimes d'atteinte à la pudeur dans leur enfance. Si 10 % d'entre elles ont été abusées par des femmes, cela signifie qu'environ 50 000 personnes auraient vécu cette situation au pays.

Quoi faire?
Peu importe que l'agresseur soit un homme ou une femme, être victime d'abus sexuel a des répercussions destructrices sur le développement personnel d'un individu. Les blessures mettent des années à cicatriser. Mais il faut cesser de croire que les femmes ne sont que des victimes, et faire comprendre aux enfants et aux adolescents qu'ils ont le droit de se révolter contre une situation dans laquelle ils ne sont pas à l'aise. Un abus reste un abus. Même s'il est plus rare qu'il soit commis par une femme, il faut le signaler afin d'aider le plus grand nombre d'enfants possible.
 

Chantal Bertrand

 

 

 

 

 

 

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Violence sexuelle : plus d'hommes agressés, peu de plaintes déposées

 

Mise à jour le dimanche 19 juin 2005, 16 h 47 .


 

Le nombre d'hommes qui demandent de l'aide dans la région parce qu'ils se sont faits agressés sexuellement, a continué d'augmenter ces dernières années.

Toutefois, le sujet demeure tabou et très peu de victimes portent plainte aux autorités, même si de plus en plus de services leur sont offerts.

L'organisme le Projet pour hommes d'Ottawa est un des seuls centres d'aide pour les victimes mâles d'agressions sexuelles au pays. À son ouverture en 1997, le Projet pour hommes aidait une quinzaine de clients.

 

Recrudescence

Le nombre d'hommes demandant de l'aide n'a cessé d'augmenter depuis. En 2003, le centre accueillait 213 nouveaux clients, sans compter les centaines d'hommes qui demandent des conseils par téléphone chaque année.

Pourtant, le nombre de dénonciations auprès des autorités pour agressions sexuelles chez les hommes n'a pas vraiment augmenté dans les dernières années.

Antoine Quenneville du Projet pour homme croit que les hommes ont peur d'être jugés : « Il y en a plusieurs qui n'ont pas rapporté l'incident, parce qu'ils avaient honte. Ils ne savaient pas où aller ou ils s'attendaient à être rejetés par l'intervenant à qui ils font le rapport, soit par la société en général. »

 

Comité d'intervention

Les services de police d'Ottawa et de Gatineau ont créé, avec les communautés gaies, lesbiennes, travesties et transexuelles, un comité qui permet de mieux intervenir lorsque des hommes se font agresser sexuellement.

Yves Martel de la police de Gatineau souligne l'importance de l'information : « À ce comité-là, les différentes communautés peuvent s'exprimer. Et s'il y a eu agressions sexuelles, il y a un suivi qui peut être accordé, un lien avec les services de police et les services d'aide, autant du côté ontarien que du côté québécois. »

Malgré les efforts déployés par les différents groupes, peu d'hommes agressés sexuellement se rendent devant les tribunaux. La peur d'être jugés ou encore d'être ridiculisés est un obstacle de taille, qui empêche les victimes de dénoncer leurs agresseurs.
 

 

SOURCE: http://www.radio-canada.ca/regions/Ontario/nouvelles/200506/19/005-hommes_agresses.shtml

 

 

 

 




 

 

 

 

Agressions sexuelles, voici ce que le lobby des "féministes victimaires" oublie de dire: 


Incroyable mais vrai, jusqu'a 35 % des victimes d'agression sexuelle seraient des hommes  !

 

Jusqu'a 25% des abuseurs seraient des "abuseuses" (un mot qui n'existe pas ! Drôle qu'on féminise certains mots et pas d'autres.)

 

 

Avant de continuer, voici la définition d'agréssion sexuelle selon les services d'aides "aux femmes":  

Comment définir l'agression sexuelle ?

Il y a agression sexuelle lorsqu'une personne agresse une autre personne dans l'intention d'avoir des rapports sexuels avec elle ou d'obtenir une gratification sexuelle sans son consentement.

« Une agression sexuelle est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par du chantage. Il s'agit d'un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l'utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite.

Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l'intégrité physique et psychologique et à la sécurité de la personne. »

L'agression sexuelle implique trois éléments :

·        une agression;

·        l'absence de consentement de la victime;

·        une atteinte intentionnelle à la sexualité de la victime.

Voici quelques exemples de crimes d'agression sexuelle :

·        prendre les seins d'une femme sans son consentement;

·        pénétration vaginale ou anale de force;

·        baisers non désirés, etc

 

Il existe aussi plusieurs degrés, plusieurs sortes d'abus. Pour qu'il y ait abus, il n'est pas nécessaire qu'il y ait pénétration. La violence verbale, des attouchements, le chantage émotif, l'exhibitionnisme, des voies de fait, des relations haineuses ou encore des sentiments de haine, et même des conversations malicieuses peuvent aussi être des agressions. Plusieurs autres situations sont aussi définies comme étant des agressions sexuelles : quand deux personnes ont des contacts intimes (baisers, touchers, etc.) et que l'une des deux décide d'y mettre fin, souvent la femme, parce qu'elle n'est pas prête à aller plus loin dans la relation, son partenaire n'acceptera pas et il y aura souvent abus et viol à ce moment-là.

 

http://www.lumiereboreale.qc.ca/wmfichiers/Ateliers_en_petits_groupes.pdf

 

 

 ***

 

96% de toutes les agressions sexuelles au Canada NE sont PAS des viols, au sens de la loi !  Nathalie Simard a vécu un drame, mais son cas ne constitue pas la majorité des victimes d'agressions sexuelles.

 

Quand les porte-parole des féministes disent que 34% des québécoises ont vécu une agression sexuelle, elles ne font pas de nuances entre un viol et les autres types d'agressions. Elles ne parlent jamais des hommes victimes et encore moins des femmes "agresseures".

 

 

(code criminel: Depuis 1983, les crimes de voies de fait font l'objet d'une classification à trois niveaux : les voies de fait simples (niveau I), les voies de fait avec une arme ou infligeant des lésions corporelles (niveau II) et les voies de fait graves blessant, mutilant ou défigurant la victime, ou mettant sa vie en danger (niveau III) . Les agressions sexuelles font aussi l'objet de la même classification distinguant les trois niveaux correspondants. )

Seulement le niveau III constitue une agression sexuelle comme la population l'entend, soit un viol.  Le niveau I, qui constitue 96,1 % de toutes les agressions au Canada, est: une main sur une fesse, sur un sein, sur une cuisse.;

 

·        Environ 354 cas de viol, chaque année, rapportés à la police et comdannés par la justice, dans une population de plus de 30 000 000 (millions) d'habitants au Canada.

·        Environ 118 cas de viol, chaque année, rapportés à la police et comdannés par la justice, dans une population de plus de 7 000 000 (millions) d'habitants au Québec.

·        Environ 72 cas de viol, chaque année, rapportés à la police et comdannés par la justice, dans une population de plus de 11 000 000 (millions) d'habitants en Ontario

 

Source: Institut de la statitique du Québec.  Également parue dans Le Quotidien du 24 septembre 1998.  Également disponible: Statistique Canada, Centre canadien de la Statistique juridique: Statistique de la criminilatité au Canada nu: 85-205, publication annuelle 1999, 7 octobre

 

 ***


De plus, rare sont ceux qui veulent briser le tabou et "sortir ça" en public. De plus, les CALACS (service d'aide Québécois)  ne s'adressent presque qu'exclusivement aux femmes ! Si on va voir leur site: http://www.rcalacs.qc.ca/ on ne parle que "de violence faite aux femmes" !

 

Le mouvement Egalitariste a aidé 2 gars qui ont été obligé d'avoir des relations sexuelles avec leurs mères. Ils sont devenus violents a l'adolescence et AUCUN service public n'est là pour les aider et les accompagner dans leur '"libération" et dans leur guérison !

 

M. Gilles Rondeau, Pd.D. le mentionne dans son rapport de 2004: "Les hommes : s'ouvrir à leurs réalités et répondre à leurs besoins"

http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/2004/04-911-01rap.pdf

 

·        Quant à l’extrême rareté des traitements offerts aux hommes abusés sexuellement ou violentés, il importe d’en mieux circonscrire les causes, de manière à les prévenir, et d’élargir l’éventail de solutions concrètes qui pourraient être rapidement mises de l’avant pour apaiser ce type de souffrance, bien que l’intervention actuelle du réseau communautaire à l’égard de ce problème mérite aussi d’être soulignée. Le Comité recommande donc que des efforts significatifs soient faits afin de garantir une meilleure accessibilité aux soins pour les hommes violentés ou abusés sexuellement.  (page 34)

 

 

On vie dans un monde (l'Occident), 100% sur mesure pour les femmes. Les parlements ---majoritairement masculins--- votent des lois et des programmes "que pour les femmes" et ce, depuis 35 ans...

 

Voir ça: http://www.egalitariste.org/homme_quebecois.htm

 

 

Services privés d'aides aux hommes: 

http://www.solidaritehommes.com/ (pour hommes abusés sexuellement)
http://www.criphase.cam.org/ (pour hommes abusés sexuellement)
http://www.malesurvivor.org/ (pour hommes abusés sexuellement)

 


 

Source:
www.egalitariste.org